à Alan Stivell, et à Yann Brékilien.
L’alouette jadis, montait droit dans le ciel comme une flèche assassine, parfois dans une ascension spiralée, mais piquant toujours vers le soleil… Pour l’éborgner et protéger sa vie ?
Non… il n’y avait pas encore de trou dans la couche d’ozone.
Aujourd’hui, je ne vois plus d’alouettes. Elles doivent être mortes, toutes ou presque, disparues à jamais, - les a-t-on trop plumées dans les comptines ?-
Non. Elles sont fragiles comme la vie, friables comme l’amour. Mangé trop de grains transgéniques, respiré trop de pollutions, subi trop de changements climatiques.
Mes yeux fermés les voient tomber du ciel comme des loques blanches, dans une chute drue de flocons lourds de neige morte.
D’autres oiseaux –cartes postales atroces et tristes- jonchent les sols et les plages… Leurs cadavres se mêlent aux poissons morts, les écailles ébouriffées, et aux coquillages éventrés remplis de fuel.
L’alouette, symbole du guerrier celte ! Peur de rien : il voulait bouffer le soleil. Monter vers les dieux d’un bond, et leur mettre deux claques. Pour tout le mal qu’ils laissent faire. Et qu’ils laisseront faire encore.
Aujourd’hui il n’y a plus de guerrier celte… On a plumé son esprit, on a coupé ses ailes. Pour qu’il ne puisse plus survoler les domaines enchantés qu’il s’était créés. On a brûlé Merlin, on a brûlé Morgane… On a pillé son cœur et arraché son âme.
Et d’arrachements subtils en arrachements plus virils, ses testicules. Pour qu’il ne se reproduise plus.
Guerrier, poète et druide, il n’avait plus sa place dans ce monde de béton, de bêtises et de pognon. Dans ce monde vulgaire et grossier. Plus barbare que celui des Barbares.
Restent tout de même quelques bardes à la voix nasillarde… Ils donnent la main, par-dessus l’océan, aux Noirs à la voix rocailleuse, de la Nouvelle-Orléans. Ils ont souffert les mêmes esclavages. Nouvelles comptines tristes dont les voix ensemencent les foules.
Et même si la Maison Blanche n’a pas d’oreilles (sauf celles qui nous espionnent) même si le Grand Capital est sourd, même si les Marchands de Pétrole n’arrêtent pas de nous pomper l’air et le portefeuille, un jour prochain de nouveaux guerriers, de nouveaux héros naîtront de la musique celtique.
Besoin, de plus en plus, de leurs grands coups d’épée sur les umbos de leurs boucliers ovales cabossés de désespoir, et de leurs cris rauques.
Devant la Maison Blanche. Et partout ailleurs.
Dans un grand concert cacophonique saluant la fin d’un monde d’injustice et d’irrespect.
Commentaires