à Pierre Della Faille.
L’homme monolithe, à l’haleine d’insecticide souffle comme une tramontane sur un nuage d’insectes géants. Ils tombent comme des mouches. Ils sont en métal.
Mouches de métal elles voulaient pondre des œufs explosifs au-dessus de nos villes…
Il est grand, costaud comme une tour. Il ne bouge pas. C’est le gardien de nos portes. Ses pieds sont scellés dans une dalle de béton grande comme une petite province. Ses yeux lancent des éclairs en alternance avec son souffle fétide, et d’autres mouches explosent en vol.
Lorsque la guerre est finie, ses pupilles s’éteignent, les paupières tombent et sa bouche se referme, laissant échapper une bave verdâtre peu ragoûtante.
Sur son front de pierre est gravé son nom.
Il sera célébré dans les siècles des siècles. Comme un homme, un géant, un héros de légende.
Et dans nos esprits, ses pieds larges et longs qui n’ont jamais existé, laisseront une empreinte indélébile.
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