Elle semblait s'intéresser à cet avatar d'Arthur que tous ceux de ma tribu portent dans le coeur.
J'étais ébloui.
Pas vraiment pensé qu'il s'agissait peut-être d'autre chose...
Puis elle sembla séduite par ce druide, poète et guerrier, qui voyage en moi, suivant au grand galop le flux de mon sang.
J'étais ébaubi.
Comment un mental de druide,
résurgence totalement anachronique, pouvait-il séduire une fille complètement américanisée ?
Ensuite elle sembla flasher en même temps que moi sur la musique d'Alan Stivell...
J'étais ravi.
Le rythme seul sans doute, quand ça ne sert qu'à se bouger les fesses.
Plus difficile enfin, montrer de l'intérêt pour les contes et légendes de Celtie, les lire et les dégoupiller... Mais peut-être n'y avait-elle rien compris et lui ont-ils pété la cervelle ?
J’étais surpris.
L'illusion que nous étions rentrés au même moment dans une ronde elfique
qui abolit le temps, qui n'a jamais de fin…
Danser en rond pendant vingt ans
qui durent un siècle.
Mais non…
Ce n'était qu’une magie noire de Saxonne.
Magie d’imitation, de pillage et de pastiche. Magie d'illusionniste.
Faiseuse de brouillard.
Magie de faux-semblant, magie de faux amour.
Enfermé dans une tour sombre aux grosses dalles de verre badigeonnées de tain. Coupé du monde faé, coupé des filles faées, coupé de la vie faée. Dalles qui ne me renvoyaient plus que son image jolie de voleuse de feu.
Mes yeux éteints ne demandent qu'à guérir. Retrouver la braise impermanente ! Me retrouver moi.
Oublier
que je ne te pardonne pas.
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