Oui, comme une jument qui bronche…
Une femme, crinière au vent,
flamme médiévale
au bout d’une lance invisible.
Les fesses nues, luisantes encore
de son dernier galop…
Elle éternue face au soleil,
provocante, la tête levée,
les deux pieds bien plantés
dans la poussière des siècles
tassée par combien de processionnaires
humains et non humains ?
Combien de troupeaux de moutons ?
Combien de prisonniers enchaînés
par des pensées obscures ou des idées stupides ?
Combien de fantômes tristes et lourds
de leurs malheurs infiniment indigestes ?
Elle se fiche de tout ça…
Elle regarde le soleil durement,
à se brûler les yeux.
Elle éternue une seconde fois,
plus fort,
pour affirmer péremptoirement
son mépris véritablement celtique.
Ses seins, ses fesses frémissent
dans le mouvement exagéré
que fait sa tête et son corps.
Sa nudité est une armure invincible
et sa liberté indestructible.
Elle persiste et signe
à travers les siècles des siècles.
Elle ne porte plus aucun poids.
Imperceptiblement ses pieds quittent le sol.
Pour moi son corps scintille...
Feu vert permanent.
Les cuisses aussi glissantes qu'un bouquet
de longues et fines algues moussues,
serrées et filiformes,
accrochées comme une chevelure abandonnée
aux pierres hétéroclites
d’une digue brisée.
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