1. Qui sommes-nous ? Qui sont-ils ?
Et si nous étions –sans le savoir- les sujets d’une vaste expérience dans le temps… Plantés sur un gros caillou de l’espace par d’autres ensemencé.
D’autres ? Peut-être sont-ils repartis loin. Il y a longtemps, infiniment déçus. Peut-être sont-ils morts, empoisonnés par nos miasmes spirituels.
Ou bien nous observent-ils toujours ? Dans la longueur des siècles. Dans le mystère du Temps.
Peut-être nous envoient-ils des sondes… Font-ils un film sur notre évolution ? Ou alors ils nous auscultent jour après jour, nous manipulent, nous pelotent l’esprit peut-être, pour voir ce qui nous fait bander…
Ils nous dirigent peut-être, en secret, depuis le centre de la planète où ils seraient cachés ? Ou depuis la face cachée de la lune ?
Combien de guerres ont-ils filmé, combien d’épidémies, combien de révolutions, combien de mouvements humanistes avortés, combien de soubresauts, combien de lèpres galopantes, combien de furoncles purulents ont-ils laisser couler lentement ? Combien d’épidémies ? Combien d’hérésies ? Sans jamais intervenir. Du moins en apparence… En tout cas sans aucun résultat transcendant.
Depuis plus de cent mille ans que l’homme existe sur cette terre, combien de grandes civilisations, aussi techniquement évoluées que la nôtre, ou davantage, se sont éteintes avec fracas, nous obligeant chaque fois à trouver refuge dans les cavernes ou dans d’autres terriers ?
A tout reprendre à zéro.
La survie, la vie en meute sauvage, l’apprentissage du feu, l’apprentissage des armes, la conquête du pouvoir et des femelles, et l’argent… Ah l’argent !
Quelles sont leurs conclusions ? Sont-ils enfin au bout de leurs études ?
Ont-ils tout appris de nous ? Tout découvert ? Tout ce que l’on peut voir d’infamant sur internet et ailleurs ?
Comment un homme peut vendre son âme au plus offrant ? Comment il se livre à la pornographie ? Et, sur des sites innommables, quand une écervelée se laisse filmer à quatre pattes pendant qu’un excité lui lèche l’anus…Que l’on voit en gros plan, et au ralenti, les sphincters qui se contractent et se relâchent lorsqu’elle lui pète au visage ?
Ont-ils engrangé tous les documentaires qu’ils souhaitaient ?
Y compris les émissions, aussi scatologiques et stupides, des animateurs et des humoristes de la télé, mieux payés que les plus brillants scientifiques ? Mieux considérés que les plus flamboyants philosophes ?
Ont-ils bien compris que nous considérons irrémédiablement, en toute logique illogique, que nos coureurs cyclistes et nos joueurs de foot sont définitivement plus importants que les meilleurs de nos artistes ?
Sont-ils enfin persuadés, par tous nos travers, que nous valons vraiment la peine qu’ils s’intéressent à nous ? Que nous sommes un zoo d’une richesse barbare et animale inégalées ?
Quand vont-ils boucler leurs thèses ?
Aujourd’hui la jolie planète bleue devient stérile… Elle se meurt. Avec elle toute la faune et toute la flore. Et l’homme suivra forcément, très bientôt…
Leur dire qu’il est plus que grand temps que cela cesse… Juste avant l’instant irréversible.
Dans l’espoir qu’ils ne soient pas de simples voyeurs aussi répugnants que nous-mêmes…
Qu’ils n’auront pas le mauvais goût d’attendre, pour filmer, une dernière fois encore, le moment fatal d’une nouvelle catastrophe finale. Qu’ils nous aident. Vite !
A qui envoyer cette carte postale désespérée? Zeus ? Jupiter ? Yahvé ? Adonaï ? Odin ? Quetzalcóatl ? Enoch et tous les autres ?
A quels autres extraterrestres malveillants ?
Et s’ils n’existaient pas ? S’ils n’avaient jamais existé ? Ou s’ils étaient vraiment tous morts ? De honte.
La mondialisation de Sodome et Gomorrhe…
2. Alternative
Et si nous étions eux… Et s’ils étaient nous… Si nous n’étions que leurs clones ?
Les récepteurs primaires de leurs ondes brouillées…
Ou si nous étions le résultat d’un hasardeux mélange détonnant, mais pervers, de nos deux races ?
Certains seraient repartis dans les étoiles, d’autres seraient restés pour mieux caramboler nos femmes, pires que des singes.
Une vieille jalousie atavique et séculaire veut peut-être que nous nous entretuions, que nous nous autodétruisions ?
Peut-être…
Ceux qui sont restés n’étaient peut-être pas les meilleurs.
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