Tes cils très longs
et véritables,
battent la mesure
dans le vent
soufflant une douce tempête.
Ils papillonnent dans l’air
mieux que des doigts agiles
et rapides
sur une harpe ancienne...
Diaphane ?
Il n’y a que moi pour la voir.
Jolis accords envoûtants, subtiles harmonies.
Il n’y a que moi pour les percevoir.
Malgré ton absence je perçois
les battements plus subtils encore
de ton cœur.
Plus loin de moi, mais tellement proches,
les musiques de Bretagne, de Galles,
d’ Irlande, d’Ecosse, de Galice,
réveillent en sursaut
tous mes bagads intérieurs
qui répondent en échos infinis,
ricochant sur les rocs, éclatant les pics
et les pierres de la vie,
les réduisant en fine poussière…
Je ferme les yeux.
Un champ vibratoire
me confirme ta présence,
et ton approche…
Je sens tes pas
me peser légèrement.
Ils s’impriment dans le sable
de mes plages intérieures.
Je tends la main…
La tienne me frôle.
C’est le moment sublime pour t’accueillir
comme une reine antique…
Plus aucune aspérité en moi.
Plus que du velours.
Rien que toi.
Tu n’es qu’un corps sensuel,
une chair de pêche mure,
vibrante et vivante dans le prolongement
de tes cils qui s’allongent encore.
Une musique me remplit pleinement.
Prenant toute la place.
Tes yeux sont une musique bleue,
des ailes de papillon.
Ta peau une mélodie enivrante, odorante, marine…
Ta voix contient tous les sons,
les fifres, les violons,
(même les tambours ronchons)
ton désir toutes les cornemuses impérieuses
et lancinantes…
Tu prends vie en moi,
tu prends racines.
Ne vas pas trop vite…
Tu seras désormais
mon unique écho palpitant.
Ton cœur a la forme
de la harpe magique des traditions.
Nos doigts entremêlés
parcourront toutes les cordes
avec lenteur
faisant naître le galop
d’une cascade de cristal fragile.
Tu es belle quand tu clignes des yeux.
Petite joueuse de flûteau.
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