à Marianne
Le ciel fait une grimace d’intestins se tordant en volutes infinies.
Dehors il ne cesse de pleuvoir, de pleurer, de pleuviner, de pleurnicher : alternances troublantes de pluie fine et légère, ou battante et serrée, puis sans désemparer, de neige à gros flocons et de grêle cruelle.
Mes yeux frissonnent terriblement d’observer ces différentes chutes successives :
niagaras miniatures et glacials. Un froid perçant.
Sous la douche, très longue, l’eau domestiquée coule apaisante et chaude… Une main enveloppante se pose sur la tête, prend par le cou, descend dans le dos, fouette légèrement les reins et les fesses.
Même avatar de neige à mes pieds dans l’eau stagnante... La mousse onctueuse du savon de Marseille, dessine dans la cuvette large et profonde de la cabine de douches, des visages blancs et des masques carnavalesques torturés de James Ensor.
Terreur ancestrale : à quand les masques effrayants et immenses, aboyant dans le ciel, jouant un drame de Ghelderode ou de Shakespeare avec en fond musical la Danse Macabre de Saint-Saëns, comme le dernier orage de culture à jamais contrariée ?
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