La panthère noire en peluche –grandeur nature- se mit à bouger… Féminine à l’extrême, elle s’étira longuement. Depuis plusieurs jours déjà une lueur mauvaise s’était allumée dans ses yeux de verre.
Plus de cent fois j’avais murmuré le même nom à son oreille.
Le nom de celui qui méritait la mort… ou pire s’il se peut !
Elle se mit debout et devint invisible… Ou presque. Juste un petit contour noir, léger, autour du corps. L’arme parfaite. La nuit personne ne la verra sauter, ni déchiqueter sa proie.
Oui j’avais réussi à lui insuffler ma haine en même temps que la vie. Un grimoire trouvé dans la nuit de ma mémoire reptilienne m’avait appris les gestes et les mots.
Je lui redis le nom maudit… trois syllabes… et elle bondit. Pas le temps de lui donner l’adresse…
Le choc sur ma poitrine était plus terrible que le mal qu’il m’avait fait.
Crépitements…
Je tombe et m’éparpille en une gerbe de braises incandescentes qui mettront très longtemps à se consumer.
La haine tue toujours, et d’abord, les dresseurs de panthères. Après ? Elle voyage peut-être… Sans adresse, ni domicile fixe.
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