Tous les avatars sont nus, se déchaînent et s’agitent dans une parodie de partouze. Le tien, nu aussi, sur l'écran, fait l’amour virtuellement avec une autre fille joliment dessinée. Vous êtes couchées sur un lit blanc, plus timides, loin des autres, dans un coin. Vos positions préprogrammées sont agressivement suggestives. J’ignore les phrases salaces que vous échangez par chat, dans lesquelles s’égrènent sans nul doute vos fantasmes les plus osés. J’ignorais jusquà ce jour que les filles bien élevées fantasmaient… Loin des simulacres, tu es là, devant moi, bien réelle, palpable, les yeux écarquillés et les jambes cent fois trop écartées. Tu es complètement nue, assise devant ton écran où se déroule ce jeu qui nous vient d’Amérique et qui sert de défouloir aux Anglo-Saxons, tandis que règne chez eux une pudibonderie maladive. Tourner autour de toi dans une transparence transversale. Je te vois sous tous les angles… Un regard oblique s’attarde sur ton entrejambe. Tu n’es pas génée par ma présence… Tu ne me vois pas… Tes yeux ? De gros boulons rouges vissés à l’écran… Tes mains ? Ballet de doigts élégants en chatte majeure. Feulements de l’espit jusqu’à la cassure… Miaulements hystériques de l’âme…
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