Julos Beaucarne : On vit tous en Absurdistan !
Pour ceux qui n’auraient pas vu passer le « Jaseur Boréal » chez les disquaires il y a deux ans, qu’ils se souviennent qu’il s’agit du dernier CD de Julos Beaucarne –poète belge s’il en est, si’l en reste-.
Un CD plein de vie de tous les jours, plein d’émotions, plein d' affirmations de bonnes intentions, plein de poésie enfin comme la vie peut en contenir pour ceux qui peuvent la voir, l’entendre, la débusquer.
Julos Beaucarne peut… Mieux, il veut la transmettre, il veut ouvrir les yeux et les oreilles du plus grand nombre, mais le grand nombre est-il là, suffisament attentif ? N’est-il pas devenu sourd ? N’est-il pas distrait en permanence par un bruit de fond devenu véritable cacophonie ?
C’est vrai que la poésie de Beaucarne ne fait pas de bruit… Elle est douce. Et généreuse ! Oui Beaucarne, dans l’un des plus beaux langages français actuels, fait pédale douce, aucun rugissement de moteur. Et quand il dit que nous vivons tous en Absurdistan, c’est tellement vrai qu’il n'est pas utile de le hurler, tellement vrai qu’une petite voix douce, un peu triste, un peu cassée, un peu plaintive, un peu félée par les maltraitances, toutes les maltraitances qui fleurissent dans le monde comme des plantes vénéneuses, suffit pour s’infiltrer en nous, droit au cœur. Et cette voix résonne dans nos vallées intérieures comme un écho qui n’a jamais de fin.
Derrière le poète-musicien, celui qui s’échine à mettre de la musique entre le mariage des mots, comme un baume apaisant, il y a l’homme, et que peut dire cet homme lorsqu’on le rencontre ? Lorsqu’on lui parle et qu’il nous parle ?
Le poète a la faculté et l’extrême avantage de fréquentrer les oiseaux et les nuages. Peut-être parfois les anges. Il peut donc voir les choses de haut, mais l’homme quand il revient sur terre ? Peut-être toque-t-il timidement à notre porte, l’entrouvre et dit doucement : « Bonjour en enfer… »
Jean-Luc Vernal.
L’homme Julos… ?
Comment ressent-il les soubresauts de
-« Nous vivons dans un pays d’enfants gâtés » affirme-t-il avec douceur toujours, « deux guerres nous ont bouleversés et aujourd’hui, içi, il n’y en a plus, et hop, il faut qu’on en invente une ! Toutes les belles choses que l’on détruit… Et les journaux foncent à cheval sur le scoop. Regarder l’avenir dans un rétroviseur n’a jamais engendré de solutions. J’ai des amis flamands formidables… J’espère ne jamais les perdre. »
Et aussi d’affirmer que, si dans le monde, l’Absurdistan gagne du terrain, en contrepartie les intelligences, pour le dénoncer, deviennent plus nombreuses et plus actives.
Qui est l’homme Julos ? Un petit homme plein d’énergie, plein d’idées, un petit homme qui a perdu sa fourmi Noémie (1). Un petit homme sympa, bourré de rires jusqu’à la gueule comme la poudre dans une bouche à feu…
Il regrette que les radios soient colonisées par les chansons anglaises ou américaines et qu’il n’y ait plus de place pour les chansons à textes. Que les radios se contentent de suivre la mode « cette maladie mentale entretenue par le commerce ». Et il regrette les disparitions de Brel, de Brassens, de Ferré et surtout de Barbara.
« La radio d’aujourd’hui contribue à faire des gens des moutons ».
(1) L’un des meilleurs textes de Julos Beaucarne.
Les textes de Julos et les nouvelles le concernant peuvent se lire dans le trimestriel Flo – Abonnement 15 euros – chèque libellé en euros à l’attention des Editions Louis-Hélène-France -2 rue des Brasseries B 1320 Tourinnes-la-Grosse.
Le CD Jaseur Boréal à commander sur le site www.julos.be ou chez votre disquaire.