Interwiew (05.12.2001) JLV : Robert Hossein, chose très suprenante, lorsque vous entrez en scène et pendant tout le temps du spectacle, on sent très nettement une complicité immédiate entre le public et le comédien. Plus surprenant encore cette complicité est cent fois plus évidente lorsque vous êtes au milieu d’un groupe de spectateurs à la fin de la représentation… D’où vient cette magie ? RH : C’est le cas pour tous les comédiens qui sont aimés ou appréciés par le public par rapport à leurs prestations. Le regard que pose le public sur moi, me touche infiniment mais c’est difficile d’avoir un sentiment là-dessus. J’aimerais avoir l’avis du public parce que cela m’est très difficile de parler de ce que je dégage en scène et comment les gens me perçoivent. Par contre je suis persuadé que cela correspond certainement quelque part à une demande par rapport au spectacle, à l’auteur et aux spectacles en général auxquels je participe. Je ne suis pas tout seul, il y a mes camarades acteurs, le sujet et puis le travail sur la pièce, sur la mise en scène, je crois que ça fait partie d’un tout et ça me touche infiniment car j’ai toujours été ou ensensé ou très critiqué, mais je pense que si j’existe dans cette profession, je le dois énormément au public. JLV : Il y a une magie évidente… Je vous ai beaucoup observé lorsque vous parliez aux spectateurs, c’est vous qui êtes ouvert au public, et aux gens… RH : Je respecte beaucoup les gens et je me préoccupe d’eux, des hommes en général dans leurs problèmes qui n’ont rien à voir avec le milieu du spectacle, qui sont ceux de la vie quotidienne, angoissante d’ailleurs, il faut bien le dire, surtout aujourd’hui. J’essaie, à défaut d’être nécessaire, de me rendre utile en montant des spectacles qui ont un sens, qui veulent dire quelque chose et qui concernent surtout ceux qui viennent les voir. JLV : Huis Clos est-il une façon de renouer avec vos tout débuts ? Pour ne parler que de Jean-Paul Sartre, une autre pièce « Le Diable et le bon Dieu » vous irait comme un gant et de plus correspondrait bien à l’un de vos slogans : « Du théâtre comme vous n’en verrez jamais qu’au cinéma »… et vous ne l’avez jamais mise en scène, ni jouée. Pourquoi ? RH : Je ne sais pas. Parce que spontanément je me suis peut-être laissé aller à la facilité. Comme hommage à Sartre je trouvais que Huis Clos était une pièce intemporelle, ni d’hier, ni d’aujourd’hui, puisqu’elle traite de la condition humaine et «Le Diable et le Bon Dieu » je crois l’avoir vue avec Pierre Brasseur et cela a dû beaucoup m’impressioner pour que je ne m’attaque pas à cette pièce. JLV : Jean Tullard dans son dictionnaire du cinéma dit de vous : «Il a promené son visage de slave tourmenté dans de nombreux films, est-ce un style voulu ? Cela correspond-il à votre sensibilité ou est-ce le résultat du hasard ? RH : D’abord il y a des atavismes auxquels vous ne pouvez rien… les racines, les sources. J’en parle dans un bouquin qui sort bientôt, mais en dehors de cela c’est aussi une question d’emploi et il est évident qu’on m’a très vite catalogué dans des personnages qui étaient toujours des gens marginaux, en dehors d’un système, et qui avaient sur les épaules tout le poids de la tragédie humaine. Des personnages de séries noires ou dans une tragédie moderne, des personnages de héros tragiques, passionnés, exaltés. Emploi qui est dû certainement à une voix ou à un physique. J’étais jusque là parfaitement en équilibre par rapport aux personnages que j’ai interprétés, et puis ensuite est venue « La Marquise des Anges », avec des héros aussi dramatiques et aussi de la fatalité . Il y avait toujours un destin plutôt noir et comme le disait mon ami Frederic Dard : «Quand quelqu’un rentre seul dans un bistrot et demande un café crème et qu’on lui apporte quatre bougies pour sa famille... Moi j’aurai bien voulu jouer les gens marrants, drôles car j’espère avoir un sens de la dérision et un peu d’humour, mais on m’a rarement proposé à être autre chose qu’un homme soumis à un destin mystérieux, tragique, violent… JLV : Mais aujourd’hui vous êtes maître de vos choix… RH : Non JLV : Mais oui, votre carrière de réalisateur… RH : Hélas, on n’est jamais débarassé de son enfance et j’y retourne à chaque fois. C’est comme une espèce de quatrième dimension. Soudain lorsque mon imagimation commence à me harceler, je passe du côté de l’enfance c’est-à-dire tout ce qui m’a nourri dans une enfance assez difficile bercée par les bandes dessinés, les héros de Jules Verne, ceux de Jack London, de James-Oliver Curwood, les cinémas de quartier, les Robins des bois et autres Errol Flynn et tout cela mélangé a donné que par moments je vis beaucoup plus dans un monde imaginaire que dans un monde réel. JLV : Parce qu’il vaut mieux vivre dans le rêve ? RH : Non, aujourd’hui, il faut essayer, à défaut d’être nécessaire de se rendre utile. Il faut avoir le courage quelque part d’accepter la vie et d’essayer de servir de relais pour transmettre quelque chose à quelqu'un si l’on peut, et tout en ayant toujours mon imagination galopante et débordante qui m’aide et qui m’inspire par rapport aux spectacles que je monte, j’essaie de trouver des thèmes, des sujets qui parlent de la condition des autres, de la solitude et de la liberté, de la misère, de la communication. JLV : Votre goût pour le grand spectacle, est-ce une compensation ou un essai orginal de synthèse, inédite forcément, entre le théâtre et le cinéma ? RH : Non, c’est inné. Mes ativismes slaves m’ont joué un tour. Je suis comme un loup qui se déplace en bande avec l’appel de la fôret, celui des steppes immenses... Ce goût du grand spectacle est un goût inné et tout à coup cela devient comme une espèce de besoin. Je monte plus facilement des spectacles où on est deux mille, je plaisante, qu’un spectacle où on est trois avec trois divans. Dans Huis Clos j’ai beaucoup travaillé. Il a fallu beaucoup réfléchir, s’imprégner de l’ambiance. Dans Sartre il y a de la rigueur. Il est cartésien. On ne peut pas se permettre des débordements dans tous les sens. JLV : Toujours dans le prolongement de votre goût pour les auteurs considérables comme Shakespeare et votre attirance pour le théâtre à grand spectacle, que pensez-vous du théâtre et du monde imaginaire, hautement coloré, de Michel de Ghelderode ? RH : C’est admirable, Ghelderode est un très grand auteur. D’ailleurs c’est très marrant, je n’en ai jamais monté mais j’en ai vu beaucoup parce que j’avais un ami comédien qui était Lupovici et il a beaucoup monté Ghelderode qui est un visionnaire tout à fait extraordinnaire. J’ai adoré. JLV : Avec des pièces très actuelles comme Pantagleize… RH : Effectivement, et il ne passe pas de mode. JLV : Que pensez-vous du fameux paradoxe du comédien de Diderot, qui a toujours prétendu que le naturel était le comble de l’artifice ? RH : Lorsqu’on arrive à être à ce point naturel c’est-à-dire comme le disait Marlon Brando : Etre quotidien et naturel avec un petit quelque chose en plus, c’est le comble de l’artifice. C’est génial, il faut une vérité telle pour parvenir à être un peu plus que la réalité, et en donnant l’impression que c’est le quoditien. JLV : Grégory Peck dans une interview parue en 1985 disait qu’il trouvait les acteurs européens trop «serviles» vis à vis de leur réalisateur. Malgré sa vive amitié pour Fellini il n’a jamais accepté de tourner avec Fellini. Robert Hossein vous êtes à la fois comédien et directeur d’acteurs, quelle est votre attitude en tant que comédien vis à vis de vos réalisateurs et en tant que réalisateur vis à vis de vos comédiens ? RH : J’ai une grande admiration pour lui, Grégory Peck, un très grand acteur, bel homme. Cela dépend de ce que vous demande le metteur en scène, tout est là. Il n’y a pas un voleur et un imbécile. C’est vraiment un couple et moi je fais totalement confiance aux acteurs car ils m’apportent parfois plus encore que ce que je leur demande. Dans la fidélité du fond pas de la forme, c’est-à-dire de l’œuvre qui elle a priorité. Si un comédien n’est pas dirigé, le plus grand des comédiens peut être effrayant, très mauvais. S’il est trop dirigé, si on ne lui laisse aucune liberté et aucune initiative, il a l’impression d’être enfermé. Par contre, j’ai un slogan assez terrifiant lorsque je suis comédien j’écoute absolument le metteur en scène même si je ne suis pas d’accord, je serai fidèle à sa pensée et j’irai jusqu’au bout de sa demande. Lorsque je suis metteur en scène, je me dis souvent, je préfère mes conneries à celles des autres. Francis Huster, que je dirige dans « Crimes et Châtiments » et qui n’est pas facile parce qu’il est lui-même metteur en scène, fait des one man show, et est un comédien très rare, très remarquable, très inattendu…Il est cependant complètement et entièrement rentré dans mon schéma. Au début, c’est exactement comme les chevaux sauvages et puis peu à peu il s’est apprivoisé par rapport à la réalité, par rapport à l’évidence même du propos et de la manière dont on lui demandait de l’interpréter et aujourd’hui, il est tout à fait remarquable avec des pulsions, des choses inattendues qu’il ne maîtrise pas lui-même. JLV : Pensez-vous avoir suscité ces choses-là ? RH : Oui en lui donnant un rôle qui flattait un peu tous ses défauts. Et puis avec des qualités énormes, une nature, un tempérament imprévisible, il reste à l’intérieur de la liberté que je lui concède. JLV : «Un homme nommé Jésus » puis «Jésus était son nom» et puis «Jésus la réssurection ». Ce choix de sujets de pièces, s’inscrit-il dans votre intérêt personnel pour le personnage historique de Jésus ou plus largement dans l’optique de Malraux lorsqu’il disait que le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas ? RH : C’est-à-dire, pour être honnête avec vous, je n’ai ni pensé à ce que vous avez dit au début, ni à ce que vous venez de dire. Je l’ai fait spontanément, par conviction. Je dis de Dieu, j’y crois tellement qu’il finira bien un jour par exister et j’ai le respect du Dieu des autres, absolument de toutes les religions, de toutes les cultures. En ce qui concerne mes rapports si je peux dire,modestement, avec beaucoup d’humilité, avec le Christ, j’ai toujours vécu dans l’espoir de Dieu. Il y a beaucoup à dire, il y a surtout beaucoup à faire, interrogez donc l’Eglise à ce sujet, et cela dit, c’est parce que je crois en Dieu que je crois dans les hommes. C’est un paradoxe, ce qui m’a convaincu de Dieu, c’est les autres ….leurs contradictions, leurs faiblesses, leurs doutes. J’ai écrit un livre qui sortira en Janvier, c’est une vision à travers des entretiens mais où il y a une personne qui parle, c’est Dieu. Le titre est «Lumière et Ténèbres. C’est un livre assez dur, assez dérangeant et j’ai attendu longtemps avant de l’écrire. Sophia Loren en plaisantant, un jour m’avait dit : j’ai mis quarante ans pour apprendre à dire "non" et moi j’ ai mis plus de temps qu’elle, mais quand je l’ai dit et je viens encore de le dire, je n’ai pris aucune précaution. Je dis réellement ce que je pense, ce que je sens, ce que je vois, ce qui m’inspire en regardant tous les autres et plus j’avance, plus je m’intéresse, non seulement aux évenements et aux personnes, mais plus je me dis que l’homme est mal barré. Qu’on va payer l’addition très cher. JLV : Cette conception, chez vous dépasse les notions de gauche et de droite ? RH : Complètement. Je n’ai jamais été inscrit dans un parti politique de toute mon existence et j’essaie d’être totalement objectif donc j’ai une distance et une objectivité absolue et totale. Quand je milite pour des œuvres humanitaires, je sais déjà que ce ne sera jamais assez, mais en ce qui concerne la politique elle-même bien que je ne reproche pas aux hommes politiques d’exister, je pense que dans le siècle où nous vivons l’image d’un homme politique doit être complétement repensée de A à Z, et la condition de l’homme aussi par rapport aux technologies qui devaient soi-disant améliorer la condition des uns et des autres, mais qui les asservent au contraire. Je pense que le profil de l’homme politique devra se passer des grandes écoles. Pour parvenir à vouloir montrer le chemin aux autres, il faut autre chose que simplement ce qu’on apprend dans les universités. Il faut une conscience, du cœur, une dose d’amour pour les autres et en plus une générosité avec des idées à l’appui. Ce n’est pas demain la veille que cela arrivera. Je pense qu’aujourd’hui nous sommes gouvernés dans le monde, je n’ai pas parlé de la France, par des gestionnaires, des gens qui colmatent les brèches. Nous n’avons aucun visionnaire. Pour moi visionnaire, c’est synonyme d’espérance. JLV : Donc nous manquons de philosophes ? RH : Et nous manquons surtout d’hommes d’action. Et généreux… JLV : Ne retombons-nous pas sur la phrase de Malraux ? Quand il dit « spirituel » c’est au sens large. Cela dépasse la religion… RH : Nous mourons d’un manque de spiritualité évident et toute cette technologie qui devait améliorer la condition des hommes et un échec assez cuisant. JLV :Vous y pensez avec optimisme en croyant que cela peut changer ? RH : Non cela ne peut pas changer. S’il n’y a pas de prise de conscience universelle, s’il n’y a pas un arrêt pour reprendre son souffle, si on ne réorganise pas les rapports entre les peuples, les cultures, les continents, les pays sur le plan social, politique, intellectuel, spirituel : nous sommes cuits. JLV : Vous pensez que des livres dans le style de celui que vous venez d’écrire peuvent contribuer à changer les mentalités ? RH : J’en suis absolument certain s’il est compris. Mais vous savez moi je n’ai pas de message, pas de mission. Je ne me suis jamais considéré comme jouant un rôle. Je ne supporte pas la morale. Et surtout quand on me la fait, moi je ne la fais pas aux autres. Donc chacun est libre. Mais ce livre je ne l’ai pas écrit pour donner mauvaise conscience à qui que ce soit. Sûrement pas. Ce n’est pas en donnant mauvaise conscience aux gens qu’on les aide. Non, c’est une prise de conscience que j’attends. Il y va de l’avenir de l’ humanité. Il y va de la finalité de nous-mêmes. Par instinct de conservation, il faudrait tout de même à un moment donné qu’il y ait un réveil. J’ai la chance d’avoir un âge où en général on est déjà depuis quelques bonnes années à la retraite, et Dieu m’a encore permis de tenir debout, d’écrire énormément de choses pour inspirer d’autres. A l'inverse des jeunes, comme Vilar m’ont inspiré, comme Jouvet, comme Pitoeff comme d’autres m’ont inspiré avant. C’est apporter une petite pierre à l’édifice. Mais si j’avais les moyens et la liberté des événements, je renverse la planète en trois minutes. Je décrète immédiatement des choses absolument ahurissantes concernant la misère, concernant la justice. Des choses immédiates même les rapports avec les autres pays. Pour moi la fin ne justifie jamais les moyens. C’est les moyens qui justifient la fin et je vous parle plus comme un homme engagé sur un plan humaniste. JLV : Nous organisons ici sérieusement la pendaison de Marchiavel… RH : Ah oui, c’est lui qui disait que la fin justifiait les moyens. Si l’on n’est jamais troublé par sa conscience je ne vois pas pourquoi on ne mettrait pas en pratique ce qu’a dit Machiavel. Moi je dis que le monde aurait dû avoir accès à la connaissance pour choisir librement. Il vaut mieux un bon assasin qu’un mauvais journaliste. Sartre a dit ça mais on m’a dit aussi qu’il a dit le contraire, qu’il valait mieux être un bon journaliste qu’un mauvais assassin. Cela dit qu’est ce que c’est une société ? Si je me mettais à hurler ça, les gens seraient épouvantés mais je le hurle dans mon livre : c’est un composite d’hommes et de femmes qui vivraient dignement d’un métier qu’ils ont choisi. Les trois quarts de l’humanité vivent mal d’un métier qu’ils n’ont pas choisi. C’est pour cela qu’ils ne sont pas disponibles. C’est pour cela qu’ils sont préoccupés par des problèmes à résoudre, difficiles, de la vie de tous les jours et qui ne vont pas en s’améliorant. Les progrès techniques s’améliorent mais la conscience de l’homme absolument pas. Elle est complétement assoupie et nous allons aller tranquillement vers notre fin. C’est pas tragique. Il paraît qu’il y a des milliards d’étoiles et pour moi, il y a eu ailleurs des expériences analogues à celle de la terre et puis c’est devenu un astre mort parce qu’à un moment donné il y a eu une déflagration ou une pollution irréversible. On a déjà bien perdu les dinosaures en route un jour, on va bien nous perdre nous. Comme ça dans un souffle. Et ça n’aura aucune importance. Mais c’est dommage parce que rien n’est plus beau et plus sacré qu’une vie, une vie permet à la terre d’exister. Nous avons mal géré la terre, mal le sable, mal la mer, on a assassiné la nature, on se bat, il y a des morts tous les jours. On se demande aujourd’hui comment peut-on en arriver là . On passe tout doucement de la préhistoire à la décadence et la civilisation se sera pour une autre fois. Quand on parle de Dieu tout le temps, on en a plein le cul aussi parce que tout le monde dit toujours « Dieu, Dieu, c’est Dieu », démmerde-toi, il n’est pas nécessaire de savoir si tu y crois ou pas. Il est important de savoir si quelque chose existe et s’il croit en nous car on finit pas le lasser quelque part. JLV : J’ai vu un jour une interview de vous à la TV française, c’était à peu près à l’époque du Théâtre Populaire de Reims et vous teniez déjà un discours un peu semblable et très assassin… RH : Je regrette de me répéter. Lorsqu’on est soi-disant une vedette ou une star de cinéma et qu’on prend une brosse à dent alors qu’on parcourt le monde et qu’on gagne sa vie plus que nécessaire et qu’on abandonne tout pour toucher 3.000F/mois et de partir à Reims pendant huit ans, c’est déjà un déclic qui a dû se produire parce que renoncer quand cela va bien, c’est plus dur que de renoncer quand cela ne va pas. Il n’y a rien d’héroïque là-dedans, c’est banal et normal, il y a plein de gens qui auraient aimé être à ma place. Si on était immortel, on pourrait s’installer pour l’éternité mais on est de passage. Qu’est-ce qu’on va faire, on ne peut pas aller vers le ciel avec des valises bourrées de fric, c’est impossible, on va s’alourdir, donc il faut faire attention. Propos recueillis par Jean-luc VERNAL.